Carpe Diem !

Marche arrière toute !

Alors, question :

faux témoignage ou déposition mensongère ?




 

Le Prof. Pierre Mols, par l’intermédiaire du médecin-chef du CHU St Pierre de Bruxelles, s’explique à postériori quant au contenu de ses certificats présentés par Bernard DUPONT, généraliste de Kraainem, devant la Cour d’appel de Bruxelles.

 

La partie civile dans ses conclusions présentées devant la Cour d’appel de Bruxelles avait déjà qualifié les certificats de la partie adverse comme étant des certificats de ‘bonne confraternité’.

On ne peut que dénoncer ces pratiques corporatistes. L’exemple le plus flagrant est celui des certificats du Prof. Pierre Mols, CHU Saint-Pierre de Bruxelles. Ces certificats ont fait l’objet d’une lettre d’indignation adressée au Conseil d’administration du CHU St-Pierre. La réponse est parvenue après (!) l'arrêt historique de la Cour d’appel ; historique car il fallait en effet ‘oser’ motiver un arrêt en invoquant la médiatisation de l’affaire comme peine suffisante !

Dans ces certificats, deux questions importantes avaient notamment été abordées :

  1. le doublement du volume des poumons avec présence de sang et de mousse ;
  2. le scénario d’une éventuelle prise en charge de Mélanie après la ‘fameuse’ consultation du 28 mai par Bernard Dupont, généraliste de Kraainem.

Les deux questions sont en relation directe avec le lien de causalité et donc avec la qualification d’homicide involontaire.

 


1) Poumons :

Le certificat présenté à la Cour d’appel :

"L'autopsie relève une « hémorragie et un oedème alvéolaire important » alors que l'auscultation pulmonaire la veille du décès ne relevait pas de stase. Ce point m'interpelle et comme expert de la prise en charge des arrêts cardio-respiratoires, le seul élément que je puisse avancer est qu'en moyenne, au cours d'une réanimation cardiopulmonaire avancée, l'administration de NaCI est assez importante et correspond à un volume moyen de 800 ml (1). Ce liquide, administré de manière aiguë, pourrait se retrouver localisé plus au niveau de la circulation pulmonaire surtout si la victime ne récupère pas une activité circulatoire systémique. Il pourrait alors diffuser au niveau des alvéoles."

Réponse du CHU :

"L'information du Professeur Mols doit être nuancée : le NaCL administré durant la réanimation « pourrait contribuer » à l'œdème alvéolaire découvert à l'autopsie."

 

Nuance de taille puisque l’on admet que l’œdème pulmonaire a pu être présent avant le décès ! Effectivement, comment expliquer que sur des poumons intacts à l’arrivée (Mélanie était morte !) à l’hôpital, une injection de 800ml de NaCl puisse lors des 20 minutes de réanimation faire doubler le volume des poumons et provoquer les ‘dégâts’ constatés lors de l’autopsie. Cette marche arrière conforte d’ailleurs notre thèse de dire que lors de la consultation du 28 mai, Bernard Dupont n’a pas utilisé de stéthoscope qui lui aurait permis d’entendre des râles de stase (ce que deux médecins ont confirmé à la barre du tribunal correctionnel de Bruxelles).

 

2) Scénario d’hospitalisation.

Le certificat présenté à la Cour d’appel :

"Si l'examen d'entrée au Service des Urgences révèle une patiente avec un tableau pareil à celui décrit par le Dr Dupont, il est sûr que nous pratiquerons un laboratoire général, un électro-cardiogramme et une radiographie du thorax.

Avec l'ensemble de ces examens, le médecin urgentiste gardera probablement la patiente à l'hôpital pour des examens complémentaires (échographie cardiaque, monitoring de holter, etc...) mais il est vraisemblable qu'il décide d'hospitaliser la patiente soit en unité d'hospitalisation provisoire, soit en salle de médecine interne ou de cardiologie générale. Il n'est pas sûr du tout qu'avec les éléments ci-dessus il soit décidé d'hospitaliser d'emblée la patiente en soins intensifs.
Dans ces conditions d'hospitalisation (unité non intensive) il est vraisemblable que la patiente aurait fait son trouble rythmique et aurait été retrouvée en état de mort apparente par le personnel infirmier lors d'une ronde de prise de paramètres."

Réponse du CHU :

"Aucun des examens (ECG — labo — rx thorax) réalisés en routine en salle d'urgence n'est assez sensible pour orienter les patients vers les soins intensifs. Par contre, les patients chez qui l'on suspecte une pathologie inquiétante sont évalués par plusieurs personnes (médecins, infirmiers, techniciens) et de l'ensemble de l'évaluation découle, ou non, le caractère de gravité et l'orientation jugée adéquate du patient, de même que les investigations complémentaires."

 

A nouveau : nuance de taille ! Mélanie n’aurait pas été mise en hospitalisation provisoire sans monitoring et retrouvée morte dans sa chambre quelques heures plus tard ! Il y a donc plus d’un scénario possible, avec aussi une issue favorable. M. Mols ne le savait-il pas ? Il est pourtant chef du service des urgences !

Alors, on est en droit de se poser toute une foule de questions et surtout celle de savoir si un tel certificat n’a pas une qualification pénale.

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Interrogé sur l’aspect de bonne confraternité des certificats, la réponse du CHU précise :

"Le Professeur Mols a vu au total le Dr B. Dupont trois fois dans sa carrière professionnelle.
Deux fois pour parler du décès de Mademoiselle Mélanie CAILLIAU et une troisième fois, brièvement, à Zaventem.
Ils ne partagent aucun patient. Il n'a jamais été invité à parler ou présenter un séminaire en médecine générale chez lui. Il ne l'a jamais rencontré à un Congrès de médecine Interne ou de Médecine d'Urgence.
Le Professeur Mols a été recommandé au Dr B. Dupont par un confrère généraliste de Woluwe-Saint-Lambert et membre actif de la SSMG. C'est parce qu'il n'avait jamais eu de contact avec ce médecin, parce qu'il dirige un service d'urgence, parce qu'il est issu d'une autre université et qu'il s'occupe d'enseignement que le Dr Dupont s'est adressé au Professeur Mols.
Ce dernier déplore qu'un mail soit utilisé publiquement mais l'utilisation de « cher Bernard » et « cordialement » dans le 2ème courrier ne signifie aucunement qu'ils soient proches ou qu'il existe une connivence."

C’est vrai que rendre public de tels certificats ne va pas inciter les lecteurs à avoir confiance en la médecine. A juste titre d’ailleurs : 20.000 cas d’erreurs médicales dont 2.000 morts par an en Belgique. Tels sont les chiffres …

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Parmi les autres bizarreries du Prof. Pierre Mols, on retrouvera :

"L'analyse de ces différents délais montre des contacts médicaux (physiques ou téléphoniques) fort espacés. Ceci suggère, de prime abord pour le thérapeute, que la situation médicale va plutôt bien."

Mélanie avait eu des contacts avec le Cabinet kraainemois de Bernard Dupont, les 5, 10, 12, 27 et 28 mai. 5 contacts en l’espace de 23 jours. Il nous semble que c’est lorsqu’on a des soucis de santé que l’on s’adresse à un médecin et non pour lui dire que tout va bien !

Si l’issue n’avait pas été tragique, on pourrait en rire.

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Les certificats du Prof. Pierre Mols et la réponse du CHU Saint-Pierre de Bruxelles figurent ci-dessous :

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Par lettre en date du 7 septembre 2009, le Parquet de la Cour d'appel de Bruxelles répondait à la demande d'information judiciaire que :

 « en matière répressive, constitue un faux témoignage une déposition sous serment maintenue jusqu'à la clôture des débats, soit contre le prévenu, soit en sa faveur, de nature à fausser l'appréciation du juge quant à la valeur des éléments de preuve qui lui sont soumis ».

« A défaut d'une de ces conditions, il n'existe qu'une déposition mensongère exempte de tout caractère de criminalité »

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Dans un article paru dans le Bulletin des Médecins de décembre 2008 , intitulé « Devoir de loyauté ou droit au silence ? » , Paul VAN GHELUWE, Magistrat-assesseur suppléant au Conseil provincial de l’Ordre des médecins du Brabant d’expression française, dans sa conclusion, précisait :

« Admettre le droit au mensonge du médecin, dans l’exercice de sa profession, aboutirait à ruiner toute sa crédibilité et celle de l’Ordre »

Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose !