Carpe Diem !  

De la notion d'éthique dans la procédure ouverte devant le
Conseil de l'Ordre des Médecins de Belgique
suite au décès de Mélanie CAILLIAU
le 29 mai 2004 en Belgique
à l'âge de 22 ans.

( 4 ans, 4 mois et 15 jours )
 

La confiance en son médecin généraliste lui a été fatale !

 
 
 

Recoupements hautement révélateurs de conflits d’intérêts et d’attitude corporatiste poussée à son paroxysme !

Sans les mettre en cause directement, l’UCL (Faculté et Cliniques associées Saint Luc) et son Centre Académique de Médecine Générale (CAMG) sont néanmoins les deux éléments clés pouvant expliquer le point de départ d’un certain nombre de faits stupéfiants tels que :
  • le renouvellement de l’agrément de maître de stage d’un médecin poursuivi en justice,
  • le nombre impressionnant de certificats de complaisance produits en justice par l’inculpé d’homicide involontaire,
  • les propos tenus par les ‘conseillers techniques’ (Christian BROHET et Michel VANHALEWYN) de l’inculpé lors de l’audience du 18 décembre 2007 au tribunal correctionnel de Bruxelles,
  • l’absence de sanctions de l’Ordre des Médecins (le cabinet médical n’est pas fermé).
Un dessin vaut souvent mieux que de longues explications : voyez !

Maître de stage.

Rappelons que l’inculpé est agréé maître de stage. Cet agrément a une limite dans le temps qui conduit son détenteur à en demander le renouvellement. L’autorité compétente pour l’agréation et le renouvellement est le Conseil supérieur des médecins spécialistes et des médecins généralistes sous la tutelle du Ministère de la Santé belge. Rappelons également qu'à l'agrément est liée une indemnité annuelle de 12.000 € env..


Suite à son premier renouvellement le 25 juillet 2005, alors que les poursuites judiciaires étaient largement entamées depuis plusieurs mois, la question était de savoir s’il est justifié d’agréer un médecin inculpé d’homicide involontaire alors que ce médecin doit être considéré comme un exemple pour les jeunes médecins stagiaires qu’il est chargé d’initier à l’exercice de la médecine dans un cabinet médical de médecin généraliste.

Le Ministre de la Santé en Belgique de l’époque a été saisi de la question. Il n’y a pas répondu. Aucune position prise par le Ministère. Par contre, informé par le Ministère, le directeur général des Soins de santé primaires et Gestion de Crise, M. Michel Van HOEGAERDEN indiquera que 21 décembre 2006 qu’il interrogera les instances répressives et disciplinaires et assurera de la diligence de son administration dans ce dossier.

Alors la surprise fut grande lorsque survint la nouvelle d’un deuxième renouvellement pour une durée de 5 ans, intervenu le 4 octobre 2007, en pleine procédure de passage en correctionnelle et signée par … M. Michel Van HOEGAERDEN !

Comment est-ce possible ? Il faut savoir que Dominique PESTIAUX est responsable du Centre Académique de Médecine Générale et également membre de la commission d’agrément du Conseil supérieur des médecins spécialistes et des médecins généralistes. Au courant de la situation de son confrère Bernard DUPONT, il lui appartenait de demander sa démission de l’équipe d’enseignants du CAMG et de faire en sorte que son agrément de maître de stage ne soit pas reconduit.

En l’espèce, la règle voudrait que maintenant Dominique PESTIAUX, responsable du Centre Académique de Médecine Générale, en tire les conséquences et, pour ne pas ternir l’image de l’institution, prenne ses responsabilités et se retire. A bon entendeur ….

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Certificats de complaisance

A ce stade, l’inculpé aura présenté pas moins de 8 certificats dont le seul adjectif associable est ‘complaisance’. Hallucinants de part leur construction : un exposé des bases de travail absent, au mieux incomplet, est le dénominateur commun aux 8 certificats. Lorsque les bases de travail sont énoncées, il s’avère qu’elles ne sont que celles relatées par l’inculpé (… au dire du Dr DUPONT …), tout au plus complétées par le rapport d’autopsie (*1) qui passe de main à la main sans qu’un quelconque accord soit demandé aux parents. La conclusion reste invariablement favorable au confrère.
L’un d’eux conclura même que, bien sûr le confrère est blanc comme neige, mais que « … l’on appréhende plus difficilement l’acharnement (des parents) à poursuivre un praticien consciencieux… »

Un praticien ‘consciencieux’ qui dira le 18 décembre 2007 devant ses juges du tribunal correctionnel de Bruxelles en parlant des symptômes que présentait Mélanie : « …elle a fameusement mal... » ou encore « … elle crève de mal… ». Son diagnostic était exact : elle décédera dans ces conditions quelques heures plus tard ! et pourtant, il l’aura une fois de plus rassurée en lui disant « dimanche, tu pourras t’oxygéner ». Elle passera ce dimanche dans les chambres froides de la morgue de l’UCL !

Alors les médecins, auteurs des certificats :

Christian BACHY – Médecine interne – Woluwé Saint Pierre / Christian DERUYCK – Généraliste – Woluwé Saint Pierre / Philippe HAINAUT - Médecine interne - UCL / Bernard VANDERCAM(*2) – Médecine Interne - UCL / Thierry SLUYSMANS – Pédiatre – UCL / – Médecine interne – UCL / Christian BROHET (*3) - 2 certificats – Cardiologie – UCL (Président de la Ligue Cardiologique Belge) / Marc RENARD - Cardiologue - ULB Erasme

les auraient-ils produits si Mélanie avait été leur fille, nièce, petite-fille, …. ?

Pour prendre connaissance de tous les certificats et documents médicaux : cliquez ici !

Remarques :

*1 : à mettre en parallèle avec le dossier médical et la retranscription par la maman de Mélanie de la consultation du 28 mai 2004 (pour les lire, suivez le lien ci-dessus).

*2 : Bernard VANDERCAM et Bernard DUPONT sont issus de la même promotion de la faculté de médecine de l’Université Catholique de Louvain. Bernard VANDERCAM est collègue direct – dans le même service – que Philippe HAINAUT.

*3 : Christian BROHET émettra deux certificats et aura été témoin (totalement acquis à la cause de l'inculpé comme l'aura noté le substitut du Procureur du Roi, la presse, les médecins, le personnel hospitalier présents dans la salle à l'audience du 18 décembre 2007). C'est en effet lui qui indiquera la raison de la 'non-hospitalisation' de Mélanie le 28 mai 2004 : "Il existe une pression constante de la part de l'INAMI (NdR : Caisse Maladie de Belgique) pour ne pas encombrer les services urgentistes afin d'éviter la surconsommation des examens médicaux. Dans le cas présent, il n y avait pas de signe d'alarme justifiant une hospitalisation d'urgence."

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Propos tenus par les ‘conseillers techniques’ de Bernard DUPONT

Le 18 décembre 2007, face aux juges du tribunal correctionnel de Bruxelles, devant un public d’environ 60 personnes, devant les représentants de la presse, les deux médecins, conseillers techniques de Bernard DUPONT, Christian BROHET et Michel VANHALEWYN, après avoir prêter serment de dire la vérité, rien que la vérité, ont montré ce à quoi le corporatisme pouvait amener.

"La Dernière Heure" dans son édition du 19 décembre 2007, relatant l’audience du jour précédent, soulignera que « À la barre des témoins, trois experts. Parmi eux, deux étaient clairement ralliés à la cause du toubib inculpé. "Il n'y avait pas de signe clinique justifiant une hospitalisation."»

L’un des deux experts ‘rallié à la cause’ de Bernard DUPONT, comme le décrit très justement "La Dernière Heure", ira jusqu’à dire que « dès le 10 mai, il appartenait à Mélanie de se rendre au cabinet du médecin et non de ‘se contenter’ de lui téléphoner ». Cardiologue de son état, il affirmera que lors des jours qui précédaient sa dernière consultation, Mélanie ne présentait pas de signes d’insuffisance cardiaque !


Pour mémoire, elle se plaignait depuis le 5 mai d’essoufflement, de fatigue et de rétention d’eau. Elle était âgée de 22 ans et avait contracté une varicelle le 16 avril. Tous ces éléments étaient connus de l’inculpé.
En somme, c’était à Mélanie à apprécier la gravité de sa situation et prendre les mesures de précautions nécessaires. Mais à quoi servent les médecins ?

Autre avis du cardiologue (au demeurant Président de la Ligue cardiologique belge) : « les symptômes conjugués de fatigue, rétention d’eau et essoufflement ne laissent pas penser à un problème cardiaque ». (Un étudiant en 3ème année de médecine après un cours de sémiologie se fait recaler avec une telle réponse !)

Alors que l'on évoquait la dernière consultation, le 28 mai 2004, il ajoute même qu' "il existe une pression constante de la part de l'INAMI (ndr: Caisse Maladie de Belgique) pour ne pas encombrer les services urgentistes afin d'éviter la surconsommation des examens médicaux. Dans le cas présent, il n'y avait pas de signe d'alarme justifiant une hospitalisation d'urgence."

Comment peut-on ‘froidement’, après avoir prêté serment, affirmer de telles choses ? Ceci frise la qualification pénale ….

Quant au généraliste, « il aurait agit comme l’inculpé » et d’ailleurs, « la syncope vagale est une chose relativement fréquente dans les cabinets de généralistes » ; sous entendu, à quoi bon s’en soucier ! Et finalement, « la cause du décès est inconnue » et « puisqu’on n’avait pas la conviction d’un problème cardiaque, l’inculpé ne pouvait pas y songer » !

Hallucinant ? !

Aux côtés de l’inculpé, sous la responsabilité de Dominique PESTIAUX, ce généraliste fait partie des ‘enseignants’ du CAMG. On peut raisonnablement se faire du souci quant à la qualité de l’enseignement fourni.

Pour bien comprendre, il convient de rappeler que les experts médicaux – les Dr. Frédéric BONBLED (UCL) et Wim VAN DE VOORDE (KUL- expert mandaté par la Justice), entendus le 19 décembre confirmeront :
  • que Mélanie est bien morte des suites d’une myocardite ;
  • que les symptômes énumérés signaient bien un problème cardiaque majeur ;
  • que le 12 mai, Bernard DUPONT ne pouvait pas prendre la décision qu’il a prise par téléphone sans voir Mélanie ; (c.f. Avis du Conseil de l'Ordre des médecins quant aux consultations téléphoniques)
  • qu’une prise de sang conseillée par un médecin généraliste en Alsace, mais rejetée par Bernard DUPONT, devait être faite en urgence ;
  • que le stress n’est pour rien dans la mort de Mélanie ;
  • que si une auscultation pulmonaire avait été faite le 28 mai lors de la dernière consultation, l’œdème pulmonaire aurait avec certitude été entendu ;
  • que le 28 mai la seule décision devait être celle de l’hospitaliser.
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Sanctions du Conseil de l’Ordre.

A la question de savoir ce que l’on peut attendre de la part du Conseil de l’Ordre des médecins en Belgique, et bien la réponse est invariablement : RIEN !

En reprenant le ‘dessin’, l’on s’aperçoit de la présence d’un membre du Conseil de l’Ordre dans l’équipe d’animateurs du Centre Académique de Médecine Générale (Pierre VRINS), confrère et collègue direct de l’inculpé. Ce membre du Conseil de l’Ordre est également membre de la commission d’enquête sur la mort de Mélanie. Il y a manifestement conflit d’intérêts. Là aussi, il est d’usage de prendre ses responsabilités.

En attendant, le cabinet médical de Bernard DUPONT continue de fonctionner. L’omerta du Conseil de l’Ordre reste entière !

 

Le Code de déontologie des médecins en Belgique

Extraits choisis pris sur le site Internet du Conseil National de l'Ordre des médecins :

Art. 11 Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité et se prêter assistance.

Art. 137 Les médecins se doivent toujours une assistance morale: ils ont le devoir de prendre la défense d'un confrère injustement attaqué....

 

 
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Dernière mise à jour : 27/08/2008