| Quand la confraternité
se fait dans le respect des victimes et ne se transforme pas en
complaisance en faveur du 'malheureux' confrère, on ne peut
qu'approuver l'idée d'entraide. Mais ce n'est pas toujours
le cas. Ce n'est certainement pas le cas pour ce généraliste
de Kraainem.
Le Conseil de l'Ordre des médecins du Brabant
d'expression française (en Belgique) a été
saisi de 7 cas de médecins ayant produit des certificats
'de bonne confraternité' (5 sur papier à en-tête
de l'UCL - Cliniques Saint-Luc de Bruxelles) utilisés par
le médecin généraliste de Kraainem, inculpé
d'homicide involontaire, devant la Chambre du Conseil et devant
la Chambre des Mises en Accusation - Tribunal de Bruxelles - très
vraisemblablement pour tenter d'entraîner le tribunal dans
des discussions médicales pouvant jeter le doute alors que
le seul reproche fait à son encontre est la non mise en oeuvre
de moyens ! Il ne lui a jamais été demandé
de poser un diagnostic, mais de faire en sorte que ce dernier puisse
être posé ! En quelque sorte, rester à son niveau
de généraliste et laisser aux spécialistes
le soin de détecter la pathologie et de faire le choix du
traitement approprié.
La question de savoir si le fait d'utiliser le
papier à en-tête de l'UCL pour la rédaction
'des certificats de bonne confraternité' devait être
considéré comme étant le reflet de la position
officielle de l'UCL ou si le contenu n'engageait que leurs auteurs
a d'ailleurs été posée le 25 juin 2007 au coordonnateur
général des Cliniques Saint-Luc. Dans sa réponse
du 5 juillet 2007, le coordonnateur médical de l'UCL fait
savoir qu'il ne s'agit que de 'certificats faits en leur nom propre,
comme expert, à la demande d'un confrère qui leur
a demandé conseil'... 'Il ne s'agit donc pas de l'avis officiel
des Cliniques universitaires St-Luc'.
Quel soulagement !
Mais alors, pourquoi faire la part aussi belle
à ce généraliste ? Il est fait référence
ici au bulletin d'information trimestriel des Cliniques St Luc -
Lucarne
- Edition 006 - juillet août 2007 - Page 7.
Cet article en dit d'ailleurs long sur les facultés d'amendement
de ce généraliste. Non seulement, il se considère
comme un modèle pour les étudiants en formation de
médecine générale, mais de surcroît,
il se veut être le trait d'union entre les généralistes
et l'UCL ! (avec au passage un jugement de valeur en citant le retard
pris par ses collègues néerlandophones dans le projet
décrit par l'article...! Le culturel est omniprésent
...)
Et 'EGO' s'écrit décidément
en lettres majuscules.
Pour en revenir aux certificats, on peux sans crainte
affirmer que de tels papiers - basés sur les seuls dires
du généraliste de Kraainem fournissant de la sorte
et de toute évidence un dossier (volontairement?) incomplet
- sont hallucinants surtout lorsque mis en parallèle avec
le fait que l'inculpé accepte les charges d'homicide involontaire
qui pèsent sur lui ! Rappelons qu'il n'a pas fait appel de
l'ordonnance de la Chambre du Conseil lui accordant - à sa
demande - la faveur d'une suspension du prononcé, reconnaissant
ainsi de manière implicite sa culpabilité.
Comprise comme cela, la confraternité est
inadmissible et contraire aux dispositions de la Convention Européenne
des Droits de l'Homme, particulièrement à l'idée
de procès équitable (Art. 6) qui inclut le respect
du principe d'égalité des armes.
Notons au passage que ces documents n'ont pas dû
impressionner la Chambre des Mises en Accusation qui a renvoyé
le généraliste devant le tribunal correctionnel de
Bruxelles.
Les certificats de 'toute bonne confraternité'
ont tous été représentés lors de la
procédure au tribunal correctionnel. Après trois audiences
publiques, les 18 et 19 décembre 2007 et le 30 janvier 2008
au Palais de Justice de Bruxelles, le jugement du 2 avril 2008 condamnait
Bernard DUPONT à un an de prison avec sursis et une mise
à l'épreuve de 3 ans. Il a fait appel !
A suivre ...
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